Le contexte et les différentes solutions

Mobile multifonction – le 112

Le plus simple est de composer le 112 qui correspond au service d’urgence européen. Ce numéro permet d’être mis en relation avec le centre d’urgence approprié en fonction de la localisation de l’appelant (SAMU, pompiers, police…). Même si le téléphone est verrouillé l’appel d’urgence lancé par la fonction SOS ou le bouton dédié contacte directement le 112.

Lors de l’appel au 112, les versions récentes de téléphone (Android ou iPhone) activent brièvement le GPS, le Wi-Fi et les données mobiles pour déterminer l’emplacement précis de l’appelant, puis envoie ses coordonnées GPS directement aux services d’urgence. Les centres d’appels d’urgence reçoivent en principe (mais pas toujours et pas dans tous les pays) ces coordonnées, visibles en temps réel par l’opérateur qui prend l’appel, permettant d’engager une conversation pour une éventuelle intervention rapide et précise.

Les téléphones récents peuvent aussi détecter un incident vraiment grave (accident de voiture) et générer automatiquement un appel de secours à paramétrer. Certaines montres (Apple, Garmin) peuvent avoir des fonctions avancées avec détection automatique (Incident / Fall Detection) mais dépendent d’un téléphone associé pour générer l’appel.

Ces dispositifs ne fonctionnent pas hors réseaux, et nécessitent hors Europe de reparamétrer le téléphone pour appeler le numéro d’urgence adéquat. Gardons en mémoire les problématiques de batterie, de risque de casse, d’humidité, de perte ou de vol.

Chemin d’un appel 112 :
  • Appel du randonneur
  • ► Centre 112 (Conversation bidirectionnelle et communicante
  • ► Service compétent (PGHM / Pompiers / SAMU)
  • ► Déploiement des secours

Balises de détresse 406 MHz COSPAS-SARSAT

Le système COSPAS-SARSAT est un programme international public utilisant une constellation spécifique de satellites en orbite : GEOSAR (satellites géostationnaires), LEOSAR (satellites basse orbite), MEOSAR (satellites Galileo / GPS / Glonass). Le Registre français des balises de détresse 406 MHz COSPAS-SARSAT, qui reçoit le signal satellite est géré par le CNES. La plateforme permet aux utilisateurs d’enregistrer leur balise de détresse 406 MHz (PLB, EPIRB, ELT), pour pouvoir être identifié rapidement. La station au sol transmet l’information au centre de mission de contrôle qui identifie la balise, vérifie l’enregistrement, et transmet au centre de secours compétent, par exemple le PGHM qui déploie les secours. COSPAS-SARSAT est donc dédié à la détection rapide d’alertes physiques provenant de dispositifs automatiques ou manuels, mais ne gère pas généralement la communication directe avec les appelants. On achète une balise avec un identifiant unique, on s’enregistre. Pas d’abonnement. En cas d’alerte la plateforme prévient les numéros enregistrés dans la base. Les batteries doivent être changées en atelier tous les 5 à 7 ans. La mise à jour régulière des informations par les utilisateurs eux-mêmes est primordiale pour que les secours disposent toujours d’informations exactes. Ces dispositifs n’intègrent généralement pas une détection automatique « homme mort ».

Circulation des données à travers le Système Cospas-Sarsat

Le diagramme montre les cheminements empruntés par les données à travers le Système Cospas-Sarsat

Balise 406 MHz :
  • Déclenchement balise
  • ► Satellites COSPAS-SARSAT
  • ► LUT (Local User Terminals – station sol)
  • ► MCC (Mobile Country Code - centre de mission)
  • ► RCC (Rescue Coordination Center - centre de secours)
  • ► Déploiement des secours

L’IERCC (International Emergency Response Coordination Center)

C’est le troisième système. Il fonctionne via le réseau satellitaire commercial IRIDIUM qui est composé de 66 satellites en orbite basse, et est spécifiquement dédiée aux communications mobiles satellites commerciales, voix et données. Lorsqu’un utilisateur appuie sur le bouton SOS de l’appareil, un message de détresse avec la position GPS est envoyé au centre de coordination international des secours d’urgence, disponible 24/7, qui analyse l’appel et contacte ensuite les services d’urgence locaux compétents selon la localisation de la personne en détresse. Le dispositif permet aussi une communication bidirectionnelle par SMS satellite, ce qui permet de donner des informations précises au centre de secours, améliorant ainsi la coordination des opérations.

Le service implique donc :

  • Une base mondiale des contacts d’urgence locaux (pompiers, SAMU, PGHM, etc.).
  • Une équipe d’agents formés qui communiquent avec les secours compétents dans le pays et la région concernés.
  • Un suivi continu de l’intervention jusqu’à la sortie de crise.

On achète le dispositif (GARMIN Reach ou une balise Delorme InReach), on règle un abonnement annuel et un plan d’action (annuel, mensuel, hebdomadaire ou à la journée) selon les prestataires (Garmin ou Protegear). Ces dispositifs permettent donc, selon les appareils et les abonnements :

  • d’appeler les secours,
  • d’envoyer et de recevoir des messages par SMS et/ou e-mail (limités à 160 caractères),
  • d’être suivi à distance avec la fonction tracking,
  • et de bénéficier d’une fonction SmartSafety, qui peut déclencher automatiquement les secours.
Balise / Dispositif SOS :
  • ► Satellites (Iridium)
  • ► IERCC (International Emergency Response Coordination Center)
  • ► RCC (Rescue Coordination Center - centre de secours)
  • ► Déploiement des secours

Chaîne de communication avec les services d'urgence

Chaîne de communication avec les services d’urgence

NB : Dans ce message il manque la possibilité pour les intervenants de communiquer par SMS avec l’unité qui demande de l’aide, et donc d’avoir un suivi en temps réel. Les différences entre les balises 406 MHZ et les dispositifs IRIDIUM se situent au niveau de la communication SMS bidirectionnelle ou pas, de la transmission automatique du signal ou son traitement par l’IERCC. L’un est un dispositif intergouvernemental (pas d’abonnement) , l’autre privé (abonnement requis).

Le Garmin GPSMAP® 67i Reach et à droite le balise Fast Find 220

Le Garmin GPSMAP® 67i GPS portable avec technologie satellite inReach et la balise de détresse personnelle FASTFIND 220 PLB

Ces dispositifs peuvent se combiner entre eux : par exemple Protegear propose le A*LIVE v2 qui utilise une connexion avec eSIM intégrée qui couvre 190 pays et plus de 450 réseaux en 2G, 4G-M1 (prêt pour la 5G), et puce Iridium. Ce dispositif comprend des fonctions avancées comme un détecteur d’accidents, un interrupteur de vigilance automatique (dead-man switch) peut recevoir des alertes de capteurs externes via Bluetooth (ex. airbag avalanche), une navigation de secours précise. L’appareil communique également par Bluetooth avec un smartphone pour des messages bidirectionnels par satellite ou réseau mobile, le suivi en temps réel etc.. Cette intelligence embarquée permet une réaction rapide et automatique sans intervention humaine, tout en permettant un suivi à distance via la plateforme ALIVE (voir ci-dessous). C’est certainement un des systèmes les plus polyvalents disponibles, destinés à des situations de sport extrêmes. Il n’embarque pas de cartographie.

Autre possibilité ZOLEO est un petit boîtier indépendant IRIDIUM qui se connecte à ton smartphone ou tablette via Bluetooth et permet d’accéder au satellite. ZOLEO ne permet pas d’appel vocal . On parle uniquement de messagerie (SMS, e-mail, app-à-app) + fonctions comme SOS, partage de position, check-in. Depuis quelques années, certains smartphones (et OS) intègrent des fonctions de communication par satellite (ou s’y orientent) pour les cas d’urgence ou pour des messages simples. Certains iPhone (et potentiellement des Android) proposent un “SOS / messaging par satellite” lorsque la 4G/5G / réseau mobile est absent, mais les limitations restent importantes.

Cependant le déploiement des constellations de satellites en orbite basse, comme SpaceX Starlink, ouvre une nouvelle possibilité d’alerte et de communication en zone isolée. Cependant les smartphones grand public (sensibles au froid à l’humidité, avec une autonomie limitée et une fragilité certaine ne sont pas adaptés). Pour dépasser ces limitations critiques, il conviendra de s’équiper de téléphones durcis, et de prendre un abonnement.

En résumé, en randonnée en Europe il convient de privilégier le 112 en cas de couverture réseau. Si zone blanche (ce qui est assez fréquent) , ou si hors Europe, il convient d’utiliser l’IERCC/Reach) ou balise 406 MHz, selon votre équipement. La couverture de ces deux systèmes est mondiale, mais certains pays bannissent l’utilisation de ces dispositifs : l’Afghanistan, Cuba, Inde, Ira, Corée du Nord, soudan, la Syrie, L’Ukraine, Vietnam et la Chine. En Russie une déclaration est nécessaire…


NDLR.

Derrière le pseudonyme de John Bronces se cache Jean-Yves C., un fidèle compagnon de route de Sentier Nature. Après avoir longtemps suivi mes traces sur le site, nous avons fini par croiser les nôtres sur le terrain un beau jour de septembre 2017, autour du plateau de Font d’Urle.

Depuis cette première sortie, j’ai découvert en Jean-Yves un véritable passionné de géolocalisation et de sécurité en terrain d’aventure. Parce que savoir s’orienter est une chose, mais savoir donner l’alerte en est une autre, je lui ai confié le clavier. Il nous livre ici un état des lieux complet sur les moyens de joindre les secours, des réflexes de base aux technologies satellitaires.